05 mai 2007

dimanche: laurent

Laurent

Je suis parti !

Je n’arrive pas à le croire. Je repars à zéro loin de tout. Je ne pensais pas qu’un jour cela puisse m’arriver. Tout perdre.

Je pensais déjà avoir toucher le fonds  avec ‘l’autre’ mais je me suis aperçu que le plus cruel c’était de ‘la quitter’. Elle’.

Ni les gosses ni cette vie  misérable mais ‘Elle’.

J’avais tant misé sur Madeleine même si je n’étais pas souvent d’accord avec ses lubies, sa tyrannie domestique, son amour trop possessif.

Ses coups de fils répétés à n’importe quelle heure, sa peur du n’importe quoi.

Pourtant je suis parti. Il le fallait. Tout le monde le disait. Il n’y avait pas d’autre alternative pour elle, pour moi, pour les gosses pour l’avenir.

Comment j’en suis arrivé là ? Une crise de plus. Une crise plus violente que les autres. J’ai bu ; j’ai bu comme un trou. J’ai bu parce que j’étais malheureux. Parce que je voulais la voir souffrir. Parce je ne supportais plus  de la voir sourire en pensant à ‘l’autre’.

Parce que je ne  pouvais plus penser à ‘eux’ faisant’ l’amour, heureux à mes dépens. Surtout heureux.

Bien plus que l’infamie, c’est ce bonheur trop lisible sur son visage que je chassais ;

Pourquoi ‘lui’ avait-il réussit ‘là’ où j’avais échoué ?

Et puis il y  a eu cette histoire de grossesse. Qui était le père ?lui, moi ? S’en fut trop.

Je titubais.

Et ce fut la dégringolade.

A travers la vitre du train qui m’amenait vers un monde nouveau, j’essayais de les oublier sans succès : elle et les gosses.

Un paysage confus et triste, hivernal me glaça le sang. Je me retins d’une larme.

Il ne fallait surtout pas pleurer.)

-pardon, monsieur !

je levais les yeux vers mon interlocutrice, une jeune femme d’environ 22 ans  d’allure agréable me souriait d’un sourire encourageant….après tout la vie continue.

_Je peux m’asseoir ?

-Bien sûr dis-je en retirant mes affaires, une petite valise et un livre.

_vous allez où ? osais- je

-Angers, et vous ?

-Idem ! quelle coincidence !

Je la voyais de plus près. Elle était jolie, blonde le visage doux.

-Vous aimez la poésie ?me désignant le livre.

-oui, j’aime  particulièrement beaucoup cet auteur, j’écris moi-même aussi !

-comme c’est drôle ! vous savez…je peux vous tutoyer ?

-oui bien sûr !

-Il se trouve que j’étudie ce poète à la fac !

-vous…tu es étudiante ?

-en maîtrise de lettres, j’étudie le concept de la femme fatale chez les auteurs romantiques.

_Je connais bien le sujet !

-ç’a te dérange si ?

_pas du tout, en plus nous avons 1h à tuer ! Allons- y !

_je m’appelle Alice !

_Laurent, pour te servir !

Alice sortit d’un grand sac rouge un cahier et un classeur, une petite trousse assortie.

Je regardais sa taille fine moulée dans un chemisier blanc, des petits seins pointant fièrement au travers du tissu.

Je ressentis les prémices d’une érection. Cela faisait longtemps depuis ….MADELEINE !

Je lui avais toujours été fidèle. Elle ne l’avait jamais crû.

-Voilà !, c’est mon mémoire ! je te laisse juge.

Ç’a parlait un peu à tort et à travers et je ne’ m’attendais pas  à un chef d’œuvre de la part d’une femme toute intelligente qu’elle puisse être . La poésie est  un univers masculin.

D’ailleurs peu de gens peuvent la comprendre. Pour la comprendre il faut la vivre, être poète soi-même.

ET puis Barbey d’Aurevilly n’était pas un poète. 

Peu importait, Alice comptait sur mon jugement, je ne voulais pas la décevoir.

-Qu’est-ce que t’en penses ?moi, je n’arrive pas à croire qu’un auteur tel que BARBEY d’Aurévilly puisse s’amouracher  d’une telle femme ! Et si laide !

Je regardais ALICE perdu sur les courbes du tissu tendu par sa juvénile poitrine, je ne l’entendis pas ;

_T’en penses -quoi ?

-De qui ?

_De LA VIEILLE MAITRESSE, la VELLINI !

_Très bon livre répondis-je machinalement ! La Vellini est un personnage complexe.

Italienne , elle est soumise aux vents des passions. C’est une femme entière prête à tout comme…

Je m’arrêtais , j’avais failli dit ‘Madeleine’.

-ç’ a va ? me dit Laura inquiète

-désolé, ce n’est rien juste un  peu de fatigue !

-On arrête si cela t’emmerde ?

-Non, non au contraire, cela faisait longtemps que je n’avais parlé bouquin avec quelqu’un ;

-Qu’est-ce que tu cherches vraiment pour ton mémoire ?

-A comprendre !

-comprendre ?

-pourquoi les mecs sont si difficiles ?

-ç’a n’a rien à voir avec tes études ? Dis-je ironiquement

-je ne suis pas d’accord, de tout temps les hommes ont été attirés par des salopes !

Tu regardes partout  à toutes les époques, on dirait qu’il n’ y a que cela qui les intéresse ! Qui les inspire !

-t’as des problèmes avec ton mec ? Osais-je   

-C’est un con !

-ç’a a le mérite d’être direct ! il t’as trompé ?

-

ALICE me fusilla du regard.

ç’a ne te regardes pas ! T’es marié ?

-non !

( J’ai dit non ! pourquoi ai-je dit non ?)je regarde Alice, elle a passé une jambe au dessus de l’autre.elles sont fines, blanches , j’ai envie de les caresser)

-On a déjà fait 1/2 de trajet dis-je en regardant ma montre, une Smith et Wesson, cadeau de ma mère.

-Il nous reste I/:2 heure alors me répondit-elle tout sourire.

Je ne pus m’empêcher de m’allier à  son sourire. Je me calais dans mon fauteuil.

La main nonchalante de Alice  cherchait la mienne. Je ne lui refusais pas.

J’ouvris délicatement la fermeture éclair de mon pantalon. Le compartiment du train était presque vide et je m’en foutais de toute façon.d’être vu.

J’amenais de manière provocatrice les doigts de Alice vers mon pénis.

-vas-y dis-je tout bas !

_Elle s’exécuta.

Commença une étrange danse. Je fermais les yeux. J’étais bien !

Je me faisais masturber par cette jeune femme que je connaissais juste depuis une demi-heure. !

Moi le mari si vertueux !

J’eus la queue dure, de plus en dure. Je n’entendais plus ALICE, seuls ses doigts juvéniles existaient et me rappelaient sa présence..

Je saisis la tête d’ Alice de manière autoritaire, lui présentait mon sexe qu’elle engloutit tout entier.

Je la tint par les cheveux, lui tirais à lui en faire mal. Elle se débattait de l’étreinte forcée. Je lui remis mon vit offert et fermais les yeux

.

J’avais enfin  réussi à ‘L’ Oublier, (je souris)

Cela  me parut  tellement facile… si simple jusqu’à ce que réapparaisse  le visage de Madeleine !

Le visage accusateur et familier. Je bandais plus fort mais plus sous l’effet des léchées d »ALice. Je pensais à Madeleine.

Je voulais dominer ce visage qui me torturait jusqu’içi ! là ! maintenant !  a travers cette gamine qui me suçait !

Je débandais brutalement. Le souvenir était trop récent ; la douleur trop vive.

Je repoussais brutalement Alice qui ne m’en tint pas rigueur. Elle semblait coutumière du fait après tout.

-J’suis désolé dis –je en me rajustant

-ce n’est pas grave on aurait pu nous entendre, c’aurait été plus gênant. ! rigola t-elle !

-au fait , je te donne mon numéro, tienS… en cas tu voudrais m’aider pour mon… mémoire !

-ç’a me ferais plaisir ! Mentais-je !

Il est 10h15.Nous arrivons en gare d’’Angers saint Laud, 5 mn d’arrêt ;

Je regardais du ‘hublot’ mon nouvel univers. Je reconnus de loin la silhouette familière de mon père.

Silhouette vieillie mais rassurante. Il était venu me chercher !

_On se dit à bientôt !

Je me retournais,

J’avais oublié complètement Alice!

-Mais oui… bien sûr, tu peux compter sur moi ! (évidemment je mentais)

- A bientôt, content  de t’avoir rencontré !

Sans un regard  pour Alice, j’ouvrais la porte du wagon et posait le pied à terre.

J’avais déjà oublié jusqu’à son prénom…

 

Posté par ariscure à 17:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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